Roundtable VI

Les “autorités morales” à l’épreuve et le politique en Afrique : historicités et usages de la “néo-tradition” en contextes colonial et post-colonial

Mardi, le 22 mars 2016, 09:00-10:30

Convenor: Benoit Beucher (Université Libre de Bruxelles)

Panelists: Vincent Hiribarren (King’s College London), Adrienne Van Vyve (Université Libre de Bruxelles)

Au cours des années 1990, dans un contexte de démocratisation annoncée de nombreux régimes politiques sur le continent africain, une catégorie d’acteurs fréquemment qualifiés d’ « autorités morales » ont joué ou prétendu jouer un rôle prééminent dans ce processus de transition. Parmi ces figures, dont l’autorité est loin d’avoir toujours et partout été officiellement reconnue, on retrouve le plus souvent les représentants des principales confessions religieuses ainsi que ceux que l’on dénomme souvent à tort les « chefs traditionnels ». Leur implication dans la prévention ou la résolution des conflits, dans la (dé)légitimation des pouvoirs officiels ou encore l’accompagnement des politiques de développement économique et social, n’a cependant rien de nouveau. Dans une certaine mesure, n’est-elle pas un « legs colonial », celui d’une pratique de « décharge » des fonctions régulatrices et coercitives de l’État observable un peu partout dans les espaces impériaux ? Par conséquent, il ne fait aucun doute que la restitution des trajectoires historiques de ces « autorités morales » est un moyen de faire l’archéologie de l’État en Afrique et de mettre en lumière la conflictualité inhérente à sa construction ainsi qu’à sa formation dans la durée. Ce panel, à travers l’examen de cas notamment pris au Burkina Faso, en Guinée et au Nigeria, vise précisément à engager une réflexion autour des questions suivantes : comment se sont historiquement constituées les « néo-traditions » de la moralité censées soutenir l’engagement « apolitique » des élites religieuses et « coutumières » ? Comment ces élites ont-elles réinvesti ces imaginaires de la moralité en situation de crise ou post-crise ? Quels en ont été les effets à la fois sociaux et politiques à l’échelle nationale et internationale sur la durée ? Enfin, plus largement, dans quelle mesure les usages de l’histoire et de la mémoire ont-ils constitué pour ces acteurs une ressource afin de (dé)légitimer les administrations et/ou les gouvernements coloniaux et postcoloniaux ?

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